

(…) Tompokolahy sy Tompokovavy,
Mesdames et messieurs,
Honorable assistance,
C'est avec enthousiasme et fierté que nous sommes réunis aujourd'hui pour la troisième édition des Assises de la Coopération décentralisée entre Madagascar et la France. Ces Assises, organisées conjointement par nos deux gouvernements avec l'appui de Cités Unies France, traduisent notre volonté de renforcer les liens entre nos territoires et de rapprocher nos peuples et de bâtir ensemble un avenir meilleur lumineux pour les générations futures. Nous allons ensemble consolider les réalisations concrètes de notre coopération et renouveler notre engagement pour un développement harmonieux et équitable.
Le thème de cette édition, " La gouvernance locale vecteur de résilience au changement climatique ", est au cœur de nos priorités. Madagascar, comme de nombreux pays dans la région, subit avec intensité les effets du changement climatique. Nous avons constaté que les cyclones sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents, mais surtout dévastateurs. Rien qu'en 2022, notre pays, Madagascar, a subi les ravages causés par quatre cyclones successifs dans plusieurs régions de la Grande île. À part cela, les sécheresses compromettent la sécurité alimentaire, épuisent les réserves d'eau dans les régions arides comme le sud de Madagascar.
Tandis que des inondations dévastent nos cultures et nos rivières en réduisant le travail des paysans et en accentuant bien évidemment la vulnérabilité des communautés rurales. Ces catastrophes naturelles fragilisent nos infrastructures et affectent nos récoltes. Face à ces défis, les collectivités territoriales assurent en premier la responsabilité de riposte. Elles doivent réparer les routes, construire et reconstruire les écoles, réhabiliter des canaux d'irrigation et garantir l'accès à l'eau potable, afin de rétablir au plus vite la vie des communautés. Elles doivent surtout soutenir les agriculteurs locaux pour leur permettre de surmonter les pertes et restaurer leur culture au plus vite.
Renforcer la gouvernance locale, c'est donc renforcer la capacité de résilience de nos régions et communes et assurer la sécurité et le bien-être de nos populations. Dans ce contexte, où les défis mondiaux exigent une réponse locale efficace, il est essentiel de renforcer une coopération régionale et internationale structurée et coordonnée. La récente visite d’État du Président Emmanuel Macron à Madagascar, illustre l'importance d'une coopération soutenue et concrète entre nos deux pays. Cette visite historique a permis de renforcer les liens politiques économiques entre nos deux pays, ciblant des initiatives qui contribuent au développement et à la transformation de Madagascar dans plusieurs domaines.
Nous avons convenu de recentrer nos partenariats afin que tous les projets que nous portons ensemble aient un impact tangible dans la vie de nos concitoyens.

Mesdames et Messieurs, Honorable assistance,
La coopération bilatérale entre la France et Madagascar a permis l'amélioration au quotidien de millions de citoyens. Entre autres, je vais citer quelques projets : le projet Lalan-kely financé par l'Agence française de Développement et l'Union européenne qui a permis de construire, mais surtout de réhabiliter, 98 km de ruelles dans la Commune urbaine d'Antananarivo et 25 communes périphériques incluant des passerelles, des escaliers et assainissement.
Mais aussi le projet a bâti plus de 900 infrastructures, notamment des lampadaires pour éclairer des quartiers dans les villes les plus enclavées. Ou encore, la construction de plus de 115 blocs sanitaires, lavoirs et bornes-fontaines confondus, et des infrastructures destinées aux jeunes, comme des bibliothèques, des espaces verts et également des terrains de basket. Le programme d'appui et de développement des villes équilibrées ou PADEV, dans sa deuxième phase, touche six grandes villes, à savoir : Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Antsirabe, Fianarantsoa et Toliara. Le projet met en place des infrastructures et des services urbains adaptés.
Le programme également intégré d'assainissement d’Antananarivo a permis de curer le canal Andriantany sur 7 km et d'installer une station de traitement de boue permettant de traiter 150.000 m3 de boue. Il faut savoir qu’à Antananarivo, pendant la période pluviale, les quartiers populaires sont exposés à l'inondation. Chaque année, la population dans ces quartiers, vit vraiment déjà dans l’extrême pauvreté mais surtout avec l'inondation, ça aggrave encore plus la situation, et donc je tiens à saluer ce projet, aujourd'hui, parce que ça aide, justement, à cibler mais aussi, surtout, à diminuer l'inondation dans les quartiers populaires de la Capitale de Madagascar.

Il y a aussi le projet Tady, lancé en 2025, qui mobilise la diaspora malagasy autour des projets dans le domaine de l'Education, de la Santé, de l'Environnement, de l'Inclusion sociale et les Infrastructures, illustrant ainsi une coopération intelligente et durable. Mais au-delà de ces réalisations, lors de la visite du Président Macron, nous avons renforcé notre coopération autour de trois priorités fondamentales de Madagascar.
Premièrement, la transformation agricole. Avec l'ambition d'atteindre l’autosuffisance alimentaire, notre objectif est de tripler le rendement rizicole, grâce à un partenariat stratégique avec la France. J'aimerais juste vous partager qu’actuellement Madagascar est le troisième pays le plus grand producteur de riz sur le continent africain après le Nigeria et l'Egypte.
Le deuxième projet, c'est la transition énergétique. Comme actuellement, vous savez que le coût de production d'énergie à Madagascar est trop élevé, et l'État doit subventionner, chaque année, entre 150 et allant même jusqu'à 300 millions d'euros chaque année pour acheter le fioul et subventionner la société malagasy qui produit l'énergie dans la Capitale. C'est pour cette raison que je tiens à annoncer, ici, que dans quelques mois, nous allons entamer l'implantation à Madagascar de 100 MW de parcs solaires, qui nous permettra, dès l'année prochaine, d'atténuer, voire même effacer l'ensemble des coupures ou délestages dans la Capitale.

Nous allons également accélérer tous les projets de transition énergétique dans les provinces, à travers l'éolienne, l'hydroélectrique et le solaire. Mais, avec l'appui des experts français et l'investissement dans des projets phares en barrage hydroélectrique, notamment avec la participation d’EDF, le géant de l'énergie française, dans le projet Volobe, cela va accélérer la mise en place de ce projet. Mais il y a également le projet hydroélectrique d'Antetezambato qui est initié par l'État malagasy.
Et, enfin, la modernisation des infrastructures de transport, notamment la rénovation des lignes ferroviaires historiques reliant Antananarivo et Taoamasina, qui aura aussi l'aide et l'appui de la Banque mondiale.
Et je tiens juste à rassurer, et à partager avec vous, que ce projet de la ligne ferroviaire a été construit en 1901 par une société française, et à travers la France. Donc, il faut préserver et aussi innover actuellement cette ligne ferroviaire qui va grandement contribuer à dynamiser l'économie malagasy.
Ces initiatives démontrent que les partenariats entre les collectivités locales et acteurs internationaux transforment des engagements en actions concrètes.

Mesdames et Messieurs, Chers partenaires,
Dans la vision que je porte pour notre Nation, aucune région, aucun district ne sera laissé-pour-compte. Aucune commune ne sera négligée. D'ailleurs, Monsieur le Président de Région (Note : Alain Rousset, Président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine), je voudrais partager avec vous qu'à Madagascar, nous avons doté chaque région de matériels, d’engins pour construire et reconstruire les routes. Je vais citer juste les « bull », les niveleuses, les « trax », et aussi les citernes… Notre objectif est que chaque région puisse reconstruire ou construire au minimum 200 km de route chaque année.
Donc, ça c'était seulement pendant la première République et ça s'est fait à Madagascar.
Mais maintenant, nous sommes en train d'aider fortement et pleinement chaque région de Madagascar. La coopération décentralisée donc, entre Madagascar et la France, est ancienne et riche. Elle remonte depuis 1960. Et, avec le jumelage entre la commune de Manakara et Parthenay, mais également aujourd'hui, 29 communes et 15 régions malagasy collaborent étroitement avec 14 communes et 13 intercommunalités, quatre départements et 5 régions françaises. Moi-même, quand j'étais Maire de la Commune Urbaine d'Antananarivo en 2008, j'ai grandement travaillé étroitement avec la région Île-de-France. À travers plusieurs projets, nous avons pu transformer également la capitale Antananarivo.
Donc c'est un réseau vivant, dynamique qui touche toutes nos régions. Ces succès renforcent ma conviction que les solutions locales adaptées aux réalités du terrain sont les plus efficaces pour répondre aux besoins des populations. Ainsi, pour ces Assises, nous devons tout mettre en œuvre pour consolider nos partenariats existants et encourager la signature de nouvelles de convention. Placer la jeunesse au cœur de la coopération, car ce sont nos jeunes qui portent des solutions de demain. Alors pour eux, créons plus d'emplois et de mobilité et d'innovation. Mobilisons ensemble de nouveaux financements afin de multiplier l'impact de nos actions.

Mesdames et Messieurs,
La coopération décentralisée est avant tout humaine et repose sur la Solidarité, l'Amitié et la Confiance.
Aujourd'hui, en rassemblant nos forces, en mutualisant nos expériences et en partageant nos savoir-faire, nous envoyons un message fort : Madagascar et la France croient en la puissance des collectivités décentralisées pour relever les défis au plus proche de la population.
Je remercie chacun d'entre vous, élus, experts, techniciens, partenaires, membres de la société civile, pour votre engagement. Vous détenez les outils, les informations nécessaires pour apporter le développement tant attendu par nos concitoyens.
C'est ainsi que je souhaite plein succès aux travaux qui ouvrent de nouvelles voies : qu’ils inspirent de nouveaux projets et qu’ils renforcent encore davantage l'Amitié et la Coopération entre Madagascar et la France.
Ainsi, je déclare ouvert les travaux de la troisième édition des Assises de la Coopération décentralisée Madagascar-France.
Je remercie de votre attention.
SEM Andry RAJOELINA
Président de la République de Madagascar
Novotel Antananarivo, le 18 septembre 2025

Retranscription à l’écoute : Jeannot Ramambazafy
Photos : Andry Rakotonirainy



